À 4 minutes de Pointe-à-Pitre, un îlet qui cache bien son histoire.

L’îlet à Cochons se mérite — pas parce qu’il est difficile d’accès, mais parce que peu de gens savent vraiment ce qu’ils regardent en y posant le pied. C’est le plus grand îlet du Petit Cul-de-Sac Marin, à quelques coups de moteur depuis la marina de Pointe-à-Pitre. Ruines militaires du XIXe siècle, mangroves préservées, fonds peu profonds pour faire du snorkeling tranquille : voici le guide pour y aller préparé.


L’îlet à Cochons : repères rapides

Deux noms pour le même endroit. Les cartes marines l’appellent Îlet Brumant — du nom d’Émilien Brumant, propriétaire qui en a consolidé les terres entre 1877 et 1884. Dans la mémoire locale, il reste l’îlet à Cochons, du temps où des cochons sauvages y vivaient et servaient de provisions aux marins de passage.

Quelques chiffres pour se repérer :

  • Superficie : 2,13 hectares — le plus grand îlet du Petit Cul-de-Sac Marin
  • Position : moins de 900 m au sud-est de l’Îlet Boissard
  • Accès : 4 minutes en bateau depuis la marina de Pointe-à-Pitre
  • Statut : propriété du Conservatoire du littoral, site protégé
  • Bouées d’amarrage disponibles pour les plaisanciers

L’îlet est fréquenté par les pêcheurs, les plaisanciers, et quelques voyageurs qui ont eu la bonne idée de demander au capitaine de s’y arrêter. Pas de restaurant, pas d’infrastructure touristique — juste la nature et ce que l’histoire y a laissé.


Deux siècles d’histoire à lire dans les pierres

Avant que les cochons ne lui donnent son nom, des Amérindiens ont vécu ici. Les fouilles archéologiques ont mis au jour des vestiges attestant d’une présence ancienne, avant même l’arrivée des Européens.

À la fin du XVIIIe siècle, l’îlet prend une autre importance : on y installe une batterie d’artillerie pour défendre le port de Pointe-à-Pitre. Ces ruines militaires sont toujours visibles aujourd’hui — blocs de pierre épars dans la végétation, fondations qui émergent entre les racines des palétuviers.

Au XIXe siècle, l’activité y est intense. Des producteurs de chaux s’y installent dans les années 1820, aux côtés de cocotiers, de bananiers et de viviers à poissons et tortues. Un pilote de port y réside, ainsi qu’un opérateur de gabare — ces grandes barques qui transbordaient les marchandises entre les navires au mouillage et le quai. Des entrepôts, des classes sociales variées, des travailleurs esclaves : l’îlet à Cochons a été un lieu de vie et de travail dense, à deux pas de la capitale.

Puis Brumant arrive, consolide les terres, installe des troupeaux de bovins. Et l’îlet glisse progressivement vers le repos — locations de villégiature, baignades, avant de devenir ce site naturel protégé qu’il est aujourd’hui.

💡 Conseil local : Les ruines de la batterie sont dissimulées dans la végétation côté nord de l’îlet. Si tu explores en solo, longe le rivage — tu tombes dessus sans chercher longtemps. Prévoir des chaussures fermées.


Un triple écosystème en 2 hectares

Ce qui rend l’îlet à Cochons rare, c’est la densité de milieux naturels sur une si petite surface. En moins de 2,13 hectares, on passe :

  • Mangrove — frange littorale classique du Petit Cul-de-Sac Marin, avec ses palétuviers enchevêtrés et ses crabes de vase
  • Herbiers marins — fonds peu profonds avec étoiles de mer, concombres de mer, jeunes poissons et lamantins qui s’y nourrissent parfois
  • Forêt sèche — rare en Guadeloupe, préservée ici par la protection du Conservatoire du littoral

Les bouées d’amarrage installées au large évitent que les ancres raclent les herbiers. Si tu arrives en bateau, utilise-les systématiquement — c’est la règle et c’est la logique.

Le Petit Cul-de-Sac Marin forme un lagon naturel aux eaux chaudes (28°C en saison) et peu profondes. Idéal pour un snorkeling calme, sans courant, sans vagues.


Ce qu’on fait à l’îlet à Cochons

Snorkeling dans les herbiers

Les fonds autour de l’îlet sont peu profonds, clairs et peuplés. C’est un snorkeling accessible à tous — pas besoin d’être nageur confirmé. On y croise des poissons tropicaux, des étoiles de mer, des oursins noirs sur les zones rocheuses. Masque et tuba suffisent, palmes appréciées.

Exploration des ruines

La batterie militaire du XIXe siècle, les fondations de l’époque de Brumant, les traces des viviers : il y a de quoi passer une heure à déambuler. Pas de panneau explicatif sur place — c’est à toi de reconstituer. Le Conservatoire du littoral documente le site, mais la visite reste libre et sans guide officiel à ce jour.

Kayak et SUP depuis Moudong

Pour ceux qui préfèrent arriver par leurs propres moyens, il existe un circuit SUP de 12,67 km au départ de Moudong Sud (Baie Mahault) qui passe par l’îlet. Durée estimée : 1h50, difficulté modérée. Départ côté abrité pour éviter le vent au lancement. Leash et gilet de sauvetage obligatoires.

Observation d’oiseaux

La mangrove et la forêt sèche abritent une avifaune intéressante. Pas un hotspot birding majeur, mais en arrivant tôt le matin, avant les plaisanciers du week-end, les frégatiers et les pélicans bruns sont présents.


Comment accéder à l’îlet à Cochons

Option Départ Durée Pour qui
Bateau privé / plaisance Marina de Pointe-à-Pitre ~4 min Plaisanciers autonomes
Excursion organisée (jet ski, catamaran) Gosier ou Pointe-à-Pitre Circuit 2–4h Tous niveaux
SUP / kayak depuis Moudong Moudong Sud, Baie Mahault ~1h50 aller Pratiquants confirmés

Il n’existe pas de liaison régulière en navette vers l’îlet à Cochons — contrairement à l’Îlet du Gosier ou à l’Îlet Caret. La solution la plus simple reste de l’intégrer à une excursion catamaran ou jet ski dans le Petit Cul-de-Sac Marin. Plusieurs prestataires basés au Gosier proposent des circuits qui y font étape.

💡 Conseil local : L’îlet est fréquenté le week-end par les familles guadeloupéennes avec leurs barques. En semaine, tu y seras presque seul. Si tu veux la quiétude des herbiers et des ruines, vise le mardi ou le mercredi matin.


Ce qu’il faut savoir avant de partir

  • Pas d’eau potable sur place — apporter ses réserves
  • Pas d’ombre garantie selon où on s’installe — chapeau et crème solaire indispensables
  • Pas de toilettes — prévoir avant l’embarquement
  • Site protégé : ne rien ramasser (coquillages, coraux), ne rien laisser
  • Amarrage : utiliser les bouées — ancrer dans les herbiers est interdit
  • La visite se combine naturellement avec l’Îlet Fortune et l’Îlet Boissard, tous deux dans le même secteur

Notre verdict

L’îlet à Cochons n’a pas la réputation de l’Îlet Caret ni les plages de carte postale de l’Îlet du Gosier. Ce qu’il a, c’est une couche d’histoire que la plupart des visiteurs ignorent, un écosystème intact en plein face à Pointe-à-Pitre, et une accessibilité quasi immédiate pour qui a un bateau.

C’est un de ces endroits qui demandent un minimum de curiosité pour révéler tout ce qu’ils ont à offrir. Et c’est précisément pour ça qu’il vaut le détour.

4 minutes from Pointe-à-Pitre, an islet with more history than it looks. Îlet à Cochons won't overwhelm you with tourist infrastructure — there's none. What it has is the largest islet in the Petit Cul-de-Sac Marin, a short boat ride from Pointe-à-Pitre marina, with military ruins, pristine mangroves and shallow waters perfect for snorkeling. Here's everything you need to visit it properly. Îlet à Cochons: quick facts Two names, one place. Nautical charts call it Îlet Brumant — after Émilien Brumant, who consolidated the land between 1877 and 1884. In local memory, it's still Îlet à Cochons (Pig Islet), named after the wild pigs that once grazed here and fed sailors in search of provisions. Size: 2.13 hectares — the largest islet in the Petit Cul-de-Sac Marin Location: less than 900 m southeast of Îlet Boissard Access: 4 minutes by boat from Pointe-à-Pitre marina Status: owned by the Conservatoire du littoral — protected natural site Mooring buoys available for boaters The islet is visited by local fishermen, yachtsmen and a handful of travellers who thought to ask their boat captain to stop. No restaurant, no facilities — just nature and what history left behind. Two centuries of history written in stone Before the pigs gave it its name, Amerindians lived here. Archaeological remains confirm an ancient presence on the islet, long before European contact. By the late 18th century, the islet had strategic value: an artillery battery was built here to defend the port of Pointe-à-Pitre. The ruins are still visible today — stone blocks scattered in the vegetation, foundations surfacing between mangrove roots. In the 19th century, the islet was a busy place. Lime producers set up in the 1820s alongside coconut groves, banana plants and fish and turtle viviers (holding ponds). A harbour pilot lived here, as did a gabare operator — those wide-hulled barges that ferried goods between anchored ships and the quay. Warehouses, merchants, enslaved workers: Îlet à Cochons was a working community within sight of the capital. Then Brumant arrived, acquired the land piece by piece, introduced cattle herds. The islet gradually shifted toward leisure — holiday rentals, bathing, passenger transport — before becoming the protected natural site it is today. 💡 Local tip: The artillery battery ruins are tucked into the vegetation on the north side of the islet. Follow the shoreline and you'll find them without searching long. Wear closed shoes. Three ecosystems in 2 hectares What makes Îlet à Cochons remarkable is how much biodiversity is packed into such a small space. Within 2.13 hectares, you move through: Mangrove — the classic fringe of the Petit Cul-de-Sac Marin, with tangled mangrove roots and mud crabs Seagrass beds — shallow, clear water with starfish, sea cucumbers, juvenile fish and occasional manatees feeding Dry forest — rare in Guadeloupe, preserved here under Conservatoire du littoral protection Mooring buoys are installed offshore specifically to prevent anchors from dragging through the seagrass. Always use them — it's the rule and the right thing to do. The Petit Cul-de-Sac Marin forms a natural lagoon with warm water (28°C in season) and shallow, current-free conditions. Ideal for relaxed snorkeling at any level. What to do at Îlet à Cochons Snorkeling in the seagrass beds The seabed around the islet is shallow, clear and alive. No experience required — mask and snorkel are enough, fins are a plus. Expect tropical fish, starfish, sea urchins on rocky patches, and the occasional sea turtle passing through. Exploring the ruins The 19th-century artillery battery, the foundations from the Brumant era, the traces of the old viviers: there's an hour's worth of quiet exploration here. No information panels on site — you reconstruct the story yourself. The visit is free and unguided. Kayak and SUP from Moudong If you prefer arriving under your own power, there's a 12.67 km SUP route departing from Moudong Sud (Baie Mahault) that passes the islet. Estimated time: 1h50, moderate difficulty. Launch from the sheltered side to avoid early wind exposure. Leash and life jacket are mandatory. Birdwatching The mangrove and dry forest shelter a varied birdlife. Arrive early on a weekday morning — before weekend boaters — and you'll find frigatebirds and brown pelicans working the shallows. How to get to Îlet à Cochons Option Departure Duration Best for Private boat / sailing Pointe-à-Pitre marina ~4 min Independent boaters Organised excursion (jet ski, catamaran) Gosier or Pointe-à-Pitre 2–4h circuit All levels SUP / kayak from Moudong Moudong Sud, Baie Mahault ~1h50 one way Experienced paddlers There's no regular shuttle to Îlet à Cochons — unlike Îlet du Gosier or Îlet Caret. The easiest option is joining a catamaran or jet ski excursion in the Petit Cul-de-Sac Marin that includes a stop here. Several operators based in Gosier offer circuits that pass through. 💡 Local tip: The islet fills up with local families and their boats on weekends. Come on a Tuesday or Wednesday morning for near-solitude in the seagrass and among the ruins. What to know before you go No drinking water on site — bring your own Limited shade depending on where you land — hat and sunscreen are essential No toilets — take care of that before boarding Protected site: take nothing (shells, coral), leave nothing Mooring: use the buoys — anchoring in seagrass is prohibited Easy to combine with Îlet Fortune and Îlet Boissard, both in the same area Our verdict Îlet à Cochons doesn't have the fame of Îlet Caret or the postcard beaches of Îlet du Gosier. What it has is a layer of history that most visitors walk right past, a complete ecosystem metres from Pointe-à-Pitre, and near-immediate access for anyone with a boat. It rewards curiosity. And that's exactly why it's worth the detour.

Articles similaires Related articles